Quelque part dans le monde, un petit village est endormi. Les montagnes entourant les environs sont blanches et brillantes de neige. Et, plus loin dans un rang, une jolie maison de campagne est silencieuse. Une jolie famille y habite depuis quelques années. Ils vivent des jours heureux tous ensembles et sont très proches. Mélody, l'aînée, est couchée à l'étage dans sa magnifique chambre aqua. Contraste avec les affiches d'*Alchemy Gothic et du groupe Rammstein collées sur les mur. Des fées, des dragons et d'autres décorations médiévales ornent les bureaux et les tables de nuit, ainsi qu'une tonne de chandelles parfumées. Mélody se tourna dans son sommeil, la lumière de la lune reflétant dans le cuivré de ses longs cheveux bouclés.
Un bruit au loin se fit entendre. Un avion passait au loin. Mais les secondes passèrent et le bruit se fit plus intense, jusqu'à ce qu'il en devienne strident. Mélody se réveilla en sursaut et s'assit dans son lit. Sûre d'avoir rêvé, elle allait se recoucher, mais se rendit compte que le bruit était bien réel. Elle y prêtait l'oreille lorsqu'elle entendit ses parents se lever en catastrophe. La tranquilité de la maison allait être brisée pendant longtemps. Mélody regarda par la fenêtre de sa chambre et fut effrayée de voir un hélicoptère attérir sur la colline en face de sa maison. Elle enfila à l'aveuglette un pantalon et un col roulé et se précipita en bas rejoindre ses parents. Isabelle, sa mère, était en peignoir et regardait dans la grande fenêtre de la cuisine avec ses deux frères encore dans les vapes du sommeil. Marc, le père de Mélody avait enfilé ses bottes, son manteau, ses gants et son chapeau de fourrure. Il était en train de charger son fusil de chasse. Étant donné qu'ils étaient en montagnes, il y avait beaucoup d'animaux convoités par leur fourrure et il n'était pas rare que Marc, indien dans le sang, fasse fuir des braconniers. Mélody s'habilla chaudement et sortit le rejoindre sans écouter sa mère qui lui disait de rester. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle sentait que quelque chose ne tournait pas rond et que son destin allait peut-être menacé par les gens qui sortaient de l'hélicoptère en catastrophe. Lorsqu'ils arrivèrent à leur hauteur, Marc et Mélody virent que c'était quatre hommes. Ils étaient tous très grands et criaient des paroles en allemand à l'hélico qui remontait vers le ciel. Le silence revint tranquillement dans les montagnes. Par chance, personne n'aurait remarqué l'hélico ; les voisins étaient très éloignés des autres.
-Qui êtes-vous ? demanda Marc.
- S'il vous plaît, nous avons deux blessés il faut agir vite, dit le plus petit.
- Êtes-vous des braconiers ?
-Non, bien sûr que non...
-Alors que faites-vous ici ? Que s'est-il passé ?
Pendant ce temps, Mélody avait inspecté les deux blessés. Il y avait beaucoup de sang, mais elle doutait qu'ils allaient en mourir. Leurs blessures ressemblaient à des écorchures de balles. Passionnée de médecine légiste, elle savait évaluer la gravité des choses et en arriva à la conclusion qu'il faudrait agir assez rapidement étant donné le sang qui coulait sur la neige et Mélody metterait sa main à couper que l'un deux avait une balle dans le corps.
-Papa, c'est important, il faut les soigner !, dit-elle d'un ton alarmé. Ce sont des blessures par balles !
Marc la regarda et hocha la tête. Ils aidèrent les deux blessés à marcher et se rendirent vers la maison. Mélody aidait le plus grand en le soutenant à la taille et frissonant en sentant son sang lui couler dans le cou. Il devait mesurer au moins un mètre quatre-vingt- dix et malgré sa grandeur, il avait appuyé sa tête sur son épaule. Il avait les cheveux assez courts et légèrement bouclés. Lorsqu'ils arrivèrent enfin dans la maison, Isabelle, urgentologue retraitée à cause de son rôle de maman, comprit rapidement la situation. Elle envoya ses fils, Samuel et William chercher des bandages, de l'alcool, des linges humides et tout le nécessaire.
-Maman, dit Mélody, celui-là est plus touché, je suis certaine qu'il a une balle dans l'épaule.
-Emmène-le dans la salle de bain, retire sa chemise et mets-le dans la baignoire. Vite !
Elle s'exécuta rapidement. Elle vit que l'homme avait le teint pâle, mais un très joli visage. Il avait le nez long et fin, des yeux bleu glacé, mais vitreux de fièvre. Il la regardait faire sans dire un mot, souffrant en silence. Il eut un mouvement de recul lorsqu'elle voulu lui enlever sa chemise.
-Mal...murmura-t-il.
-Bien j'espère que vous ne tenez pas trop à votre chemise, alors...dit-elle en s'emparant d'une paire de ciseaux. Elle l'entendit rire légèrement. Elle coupa son chandail et l'examina. Il avait bel et bien une balle dans l'épaule droite, mais elle ne semblait pas y être profondément entrée. Mélody appuya sur la blessure pour y voir plus clair, mais l'homme gémit et s'évanouit dans un soupir. Elle prit son pouls et vit qu'il était faible.
-Maman, vite ! cria-t-elle. Il s'est évanoui et sa tension est faible !
Isabelle arriva en courant avec ses instruments suivie de l'homme qui avait conversé avec Marc.
-Oh non, dit-il en s'approchant de son ami, courage Schneider ; tiens bon !
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